1500 enfants, 41 ateliers, 18 écoles! Entrevue avec les animateurs des ateliers

Dans le cadre du programme jeunesse [Musique, Maestro!] d’Appassionata, Josée Poirier et Guy Beausoleil, animateurs des ateliers préparatoires du spectacles Pierre & Le Loup, auront fait la rencontre de 1500 enfants lors des 41 ateliers présentés dans 18 écoles.  Josée Poirier et Guy Beausoleil nous partagent ici leurs moments passés avec les enfants qu’ils ont rencontrés. Émerveillement, enthousiasme, enrichissement, curiosité, voilà ce qui semble résumer leur passage dans les différentes écoles.
  • En résumé, comment se déroulent les ateliers?

Josée : Très bien! Partout, l’accueil est chaleureux!

Guy : Pour moi, les ateliers sont une constante découverte. Et ce que je découvre, c’est la beauté des enfants. Et leur disponibilité.

  • Quel a été le plus beau moment dans tous les ateliers que vous avez donnés?

Josée : Pour moi, c’est quand une belle grande enfant blonde a passé l’atelier au complet les grands yeux ouverts et  émerveillés parce que, dès nos premiers mots, elle a compris qu’on lui apportait un peu de sa Russie natale. C’était comme si le Père Noël en personne était débarqué à l’improviste.

Guy : Quand les yeux des enfants brillent, parce qu’ils CROIENT à l’histoire que je raconte.

  • Que préféraient les enfants durant les ateliers? Quelle était  la réaction des enfants? Ils sont sages ou excités?

Josée : Les merveilleux dessins en direct de Guy! Le jeu de rôles des loups alpha et beta, où Guy se faisait prendre dans la gueule du loup, semblait les impressionner aussi.  Les enfants sont sages mais émerveillés, et quand l’excitation monte, les professeurs savent très bien les ramener à l’ordre, malgré leur enthousiasme!

Guy : Je crois que les dessins que je fais au tableau les intéressent beaucoup, surtout parce qu’ils voient les figures apparaître, se construire alors qu’ils sont immergés dans la musique. Et lorsque Josée joue de la flûte.

  • Quel est le plus grand défi des ateliers ?

Josée : Amener les enfants à porter attention à la musique de Prokofiev (sur CD), malgré les exclamations admiratives qui fusent naturellement à la vue des personnages qui apparaissent devant leurs yeux. Mais dès que je joue quelques sons de flûte, le silence revient…par magie! Aussi,  un autre grand défi est de tenter de transmettre toute l’information malgré les questions de ces jeunes esprits curieux!

Guy : Le défi que je me lance est peut-être présomptueux ou trop ambitieux, mais je vise ceci : que quelque chose dans ce que l’on fait, Josée et moi, reste gravé dans leur mémoire et que l’empreinte de ce souvenir devienne le germe d’un désir d’art.

  • Pensez-vous avoir donné envie à certains enfants d’être musiciens?

Josée : Ah, je n’ai pas pensé à ça, mais il est certain que d’entendre jouer quelqu’un de si près semblait les captiver.  J’espère avoir transmis mon amour de la musique de Prokofiev.

Guy : Aucune idée. J’espère simplement que l’atelier, tout passager soit-il, laisse une petite trace, ouvre une petite fenêtre sur autre chose que ce qu’on sert habituellement à la consommation. Qu’ils retiennent, peut-être, le nom d’un compositeur…

  • Est-ce que certains enfants connaissaient déjà Pierre et le Loup?

Josée : Certains d’entre eux, oui… quelques-uns ont même deviné que le grand-père était personnifié par le basson! Et plusieurs semblaient avoir vu une version avec accordéon…

Guy : Les enfants sont, la plupart du temps, bien préparés par leurs enseignantes et enseignants. Cependant, Josée et moi les convions à une expérience théâtrale d’incarnation des personnages et cela modifie sans doute totalement leur compréhension du conte.

  • Lorsque vous étiez enfant, aimiez-vous la musique classique?

Josée : Oui, comme toute musique en général. J’ai eu la chance d’aller dans une école publique qui faisait une très grande place à la musique, c’est pourquoi j’apprécie pouvoir la partager à mon tour avec les enfants.

Guy : Jusqu’à l’âge de 10 ans, la musique classique ne me disait absolument rien. Puis, mes parents m’ont amené voir le film FANTASIA. Les musiques de Stravinski ou de J.S. Bach sont alors entrées dans ma conscience, mais comme en arrière-plan des images du film. Puis, un jour, j’ai reçu un 33 tours du Concerto pour piano de Schumann par Artur Rubinstein. Un confrère de travail de mon père avait souscrit à un abonnement de la Cie Columbia ; il n’aimait pas la «musique trop sérieuse» disait-il. Il a offert le disque à mon père qui s’est dit que son fils bizarre aimerait peut-être…

Papa a eu raison.

  • Quel est votre souhait pour ces enfants?

Josée : Une vie pleine d’humanité et de beauté, comme l’amour et l’art (particulièrement la musique) savent si bien l’enrichir!

Guy : Mon souhait pour eux ? Qu’ils conservent leur merveilleuse disponibilité et ne se ferment jamais à la beauté, aussi étrange qu’elle puisse d’abord sembler.

 

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